Par Sonja Eber-Suss

Quand j’ai entendu parler pour la première fois de l’EFT …j’étais plus que sceptique…on pourrait même dire carrément « hilare ».
Mon thérapeute de l’époque, on va l’appeler P, m’a dit : on va essayer un truc, c’est super, c’est tout simple, et ça marche vraiment bien !
Et je me suis retrouvée à tapoter et à répéter des phrases…et à bien rigoler intérieurement. J’ai joué le jeu…plus par « politesse » que par conviction, et aussi parce que j’aimais bien P.

Quand je suis rentrée chez moi ce soir-là, rien n’avait vraiment changé …à priori… si ce n’est que je me sentais bien, détendue, beaucoup moins stressée, et plutôt fatiguée.
La problématique sur laquelle j’avais travaillé avec P concernait ma relation avec V : V me mettait régulièrement dans un état de stress et de colère assez impressionnant.
Sur le coup, après la séance, ma colère était effectivement tombée …mais je pensais que ça ne durerait pas. J’étais curieuse de voir la suite, et j’avais hâte de revoir V ce jour-là…alors que d’habitude je l’appréhendais plutôt. Quand j’ai eu des nouvelles de V ce soir-là…pour la première fois depuis des mois…j’ai pu rester zen…et je ne me suis pas mise en colère malgré les circonstances. Et pourtant il avait une fois de plus accumulé des faits qui d’habitude me mettaient hors de moi.
Quelque chose avait insidieusement changé en moi…et donc avait modifié ma relation avec V…et donc aussi  l’attitude de V envers moi.
La relation s’était comme assainie. La situation n’avait pas changée…mais c’est mon regard à moi qui était différent…et le résultat était stupéfiant.

Par la suite j’ai souvent tapoté, à chaque fois que j’en ressentais le besoin, car d’autres aspects surgissaient au fur et à mesure, et pour d’autres problèmes également. Mais au bout d’un certain temps, j’ai eu l’impression de tourner en rond…de ne plus y arriver…Je sentais bien qu’il fallait continuer, aller plus loin, mais j’étais bloquée. Toute seule je n’y arrivais pas… Et je trouvais que c’était un comble car entre temps je m’étais moi-même formée à l’EFT, et je donnais des consultations.

Ce n’est qu’en travaillant avec un autre praticien que la situation s’est débloquée : en fait, de moi-même, je refusais d’aller là ou il fallait…parce que c’était trop inconfortable, trop difficile. Il m’a fallu quelqu’un d’extérieur, de dissocié à moi,  de parfaitement neutre, pour m’aider, me guider, me permettre d’aller au fond des choses, jusqu’à la racine du problème.
Au quotidien je peux me débrouiller toute seule…Mais quand la problématique est plus lourde, plus profonde, quand il s’agit de régler un problème de fond et non seulement un symptôme, ou un aspect unique, alors là il me faut l’aide d’un praticien. Et ce praticien, j’aime bien l’appeler mon « passeur ».

Sonja Eber-Suss