Ndlt : la procrastination consiste à tout remettre au lendemain, à laisser traîner, temporiser, etc.  Le substantif anglais « procrastination » se traduit sans mal  en français. En revanche, contrairement à l’anglais, le français ne reconnaît pas le verbe. A défaut de « je procrastine, tu procrastines » etc, j’ai choisi l’expression « remettre au lendemain ».

Bonjour à tous
Carol Look dévoile les mystères de la procrastination et nous montre comment utiliser l’EFT pour la combattre. Elle dit « Je pense, et j’ai vu dans ma pratique clinique et mes ateliers, que personne ne remet les choses à demain à moins d’avoir une bonne raison de le faire ! En d’autres termes, il y a un bénéfice évident à tout remettre à demain, même s’il n’est pas encore identifié ».

Bien à vous,
Gary Craig


Article de Carol Look

La procrastination est un comportement commun que nous utilisons pour faire de l’auto-sabotage. Le projet n’est jamais terminé, le curriculum vitae est encore en train d’être remanié, et notre site internet reste à demi terminé – nous n’avançons jamais. C’est incroyablement frustrant et souvent mystérieux car le comportement de procrastination semble aller à l’encontre de ce que nous voulons de manière consciente, et de ce que nous disons vouloir aux autres (le meilleur boulot, le site à jour, plus de clients, une nouvelle relation, etc).

Je pense souvent qu’on approche la procrastination de travers. Parfois, les coaches et les conseillers encouragent les adeptes de la procrastination à en parler. Ils leurs donnent des trucs pour mieux gérer leur temps, ou conseillent aux gens d’écrire une liste des pour et des contre. Malheureusement, les problèmes sous-jacents, les conflits et les émotions sont complètement ignorés.

Et si vous considériez la procrastination comme une solution temporaire, plutôt que comme un problème ?

Je pense, et j’ai vu dans ma pratique clinique et mes ateliers, que personne ne remet les choses à demain à moins d’avoir une bonne raison de le faire ! En d’autres termes, il y a un bénéfice évident à tout remettre à demain, même s’il n’est pas encore identifié.

En fait, j’ai observé trois raisons premières qui poussent mes clients à la procrastination :

1) ils sont en colère ou très amers vis-à-vis de figures d’autorité.
2) la procrastination offre l’immense bénéfice de garder quelqu’un en sécurité et à l’abri du radar des critiques, et
3) la procrastination est une manière de se rebeller qui est socialement correcte ou « légitime ».

Je vais décrire plusieurs rondes EFT pour chacun de ces scénarios.

1) Colère / Amertume vis-à-vis de figures d’autorité.

Pensez à une figure d’autorité envers laquelle vous ressentez de la colère. Ce pourrait être un parent, un professeur, un thérapeute, un coach, une figure spirituelle ou quiconque a été en position hiérarchique vis-à-vis de vous. Sur une échelle d’intensité allant de 0 à 10, chiffrez votre colère envers cette personne quand vous pensez à quelque chose de négatif ou critique qu’elle vous aurait dit, ou à quelque chose qu’elle aurait fait et que vous auriez ressenti comme une injustice ? (Bien entendu, choisissez quelqu’un qui réveille une émotion en vous).

Quand les autres nous demandent ou que nous ressentons le besoin de terminer quelque chose parce que ce sont les buts que nous nous sommes fixés, nous utilisons souvent nos émotions liées à un de ces évènements du passé comme une excuse pour remettre au lendemain.

Point Karaté : Même si je suis en colère contre lui car il a fait quelque chose d’injuste, je m’aime profondément et je m’accepte infiniment de toute façon… Même si je suis amer et en colère contre lui pour avoir fait un truc injuste quand c’était lui le patron, j’accepte qui je suis et ce que je ressens à ce sujet… Même si je n’avais aucune idée que j’étais aussi en colère contre cette personne, j’accepte qui je suis et ce que je ressens au sujet de tout cela.

SOURCILS : Je suis en colère contre lui car il a fait un truc injuste.
COTE DES YEUX : Je suis en colère contre le fait d’être contrôlé.
SOUS LES YEUX : J’ai plein d’amertume contre ce chef (coach, prof, conseiller)
NEZ : Je ne soupçonnais pas combien j’étais en colère !
MENTON : C’était tellement injuste !
CLAVICULE : J’ai de l’amertume envers les figures d’autorité.
SOUS LES BRAS : Je suis toujours en colère contre eux et tout remettre à demain me fait du bien.
TETE : Je suis toujours en colère contre cette figure d’autorité.

SOURCILS : Je suis toujours en colère, mais je vois les choses avec clarté maintenant.
COTE DES YEUX : Je suis d’accord pour refroidir un peu cette colère.
SOUS LES YEUX : C’était quand même injuste.
NEZ : Je me demande pourquoi je m’en suis pris à moi-même.
MENTON : Je me suis auto-saboté pour me venger de lui.
CLAVICULE : Je me rends compte de mon ressenti à l’époque et de celui de maintenant.
SOUS LE BRAS : Je suis prêt à avancer et dépasser cette lutte.
TETE : Je n’ai plus besoin de m’accrocher à ce conflit.

Sur une échelle d’intensité de 0 à 10, mesurez la charge émotionnelle que vous ressentez en pensant à cet épisode du passé pour voir si elle a baissé depuis que vous avez commencé les rondes de tapotement. Puis continuez à tapoter la colère et l’amertume liées à cet épisode ancien ou liées à une figure d’autorité appartenant au passé, jusqu’à ce que l’évènement d’origine ne contienne plus aucune émotion.

2) Etre à l’abri de la critique.

Si vous vous demandez : « quel est l’inconvénient à finir ce projet, terminer ce CV, envoyer cette lettre… » vous trouverez sans aucun doute une « bonne raison » à votre procrastination. Souvenez-vous, nous considérons la procrastination comme une solution à un problème, plutôt que comme un problème en elle-même.

Est-ce que la procrastination vous permet de rester à l’abri d’un sentiment d’exposition ?
Vous protège-t-elle d’une critique ou d’un jugement ?
Est-ce que ça vous permet de rester insignifiant ?
Est-ce que ça vous permet de ne pas vous détacher du lot et de vous faire remarquer ?
Mesurez quelle serait votre peur si vous terminiez votre projet et si vous l’envoyiez, ou le donniez à un collègue pour qu’il l’évalue. Sur une échelle de 0 à 10, à combien se situe votre peur/vulnérabilité/nervosité ?

Regardez ce qui s’est passé la dernière fois que vous avez terminé un « projet » et que vous avez fait le nécessaire pour que quelqu’un l’évalue. Je suis certaine qu’il reste encore un peu de blessure, d’humiliation ou de sentiment de rejet lié à un évènement passé. Sur l’échelle d’intensité de 0 à 10, mesurez cela (ainsi que vos sentiments liés à ce qu' »ils » ont dit à votre sujet ou au sujet de votre projet), et ensuite tapotez avec les phrases suivantes :

Point karaté : Même si la vérité c’est que j’ai peur d’être jugé quand j’aurais terminé ce projet, j’accepte qui je suis et ce que je ressens… Même si je suis convaincu qu’ils vont me critiquer exactement comme la dernière fois, je m’aime et je m’accepte profondément de toute façon… Même si j’ai peur d’être vu et que je me mets à découvert, je n’oublierai jamais ce qui s’est passé la dernière fois, j’accepte qui je suis et ce que je ressens.

SOURCILS : J’ai peur de terminer parce que je sais qu’ils vont me critiquer.
COTE DES YEUX : Je ne veux pas terminer ce projet, parce que je ne me sentirai pas en sécurité.
SOUS LES YEUX : Je me sens plus en sécurité quand je remets à demain.
NEZ : Je ne veux pas être exposé à leur critique comme la dernière fois.
MENTON : Je me souviens comment je me sentais, je ne veux plus me sentir comme ça à nouveau.
CLAVICULE : Je me sens mieux si je reste en sécurité et invisible.
SOUS LES BRAS : Je ne veux pas être visible.
TETE : J’ai peur d’être critiqué, alors je continue à tout remettre à demain.

SOURCILS : Je remets tout à demain pour de bonnes raisons.
COTE DES YEUX : Je ne veux pas être exposé.
SOUS LES YEUX : Normal que je ne veuille pas terminer ce projet.
NEZ : Et que se passera-t-il s’ils ne l’aiment pas ?
MENTON : Et que se passera-t-il s’ils ne m’aiment pas ?
CLAVICULE : Et que se passera-t-il s’ils découvrent que je suis nul ?
SOUS LES BRAS : Je ne suis pas prêt à être jugé.
TETE : Je me sens mieux si je reste coincé.

Mesurez à nouveau votre niveau d’intensité pour voir s’il a baissé, et tapotez sur d’autres évènements spécifiques liés à ces émotions. Continuez à tapoter et libérez  l’évènement du passé (ce qui s’est passé « la dernière fois »), ainsi que la peur que vous ressentez quand vous vous imaginez terminant le projet maintenant.

3) Laisser parler votre REBELLE intérieur.

Et ma technique favorite pour libérer la procrastination est de s’adresser au rebelle intérieur qui est activé par ce comportement qui consiste à NE PAS faire quelque chose. Si le fait de se rebeller vous donne l’impression d’être puissant, vous devez considérer des évènements spécifiques et des situations où vous vous êtes senti impuissant. Cela va faire tomber ou neutraliser la « bonne raison » qui est à l’origine de votre procrastination.

Pensez à une fois où vous avez été mené par le bout du nez ou qu’on vous a dit ce que vous aviez à faire et que vous vous êtes senti impuissant. Sur une échelle d’intensité allant de 0 à 10, chiffrez la charge de ce souvenir.

POINT KARATE  : Même si j’en ai plus qu’assez qu’on me dise quoi faire, je m’aime et je m’accepte infiniment de toutes façons… Même si je refuse de suivre votre emploi du temps, j’accepte qui je suis et ce que je ressens… Même si j’ai besoin de me rebeller pour me sentir à nouveau puissant, je m’aime et je m’accepte profondément et j’accepte qui je suis et ce que je ressens.

SOURCILS : Arrêtez de me dire quoi faire.
COTE DES YEUX : Je ne veux pas faire comme vous dites.
SOUS LES YEUX : Je suis plein d’amertume, alors laissez-moi tranquille
NEZ : Je refuse de faire comme vous dites.
MENTON : Je refuse de respecter votre date limite.
CLAVICULE : Je ne le ferai pas en temps et en heure.
SOUS LES BRAS : Laissez- moi tranquille.
TETE : Je refuse de faire ce que je dois faire.

EYEBROW : Je ne veux toujours pas faire ce qu’on attend de moi.
COTE DES YEUX : J’ai envie de me rebeller contre tout le monde.
SOUS LES YEUX : Ne m’obligez pas à le faire en respectant les règles.
NEZ : J’en ai marre de respecter les règles.
MENTON : Je veux me rebeller et me sentir puissant.
CLAVICULE : Je choisis de me rebeller librement.
SOUS LES BRAS : Je pourrais peut-être trouver d’autres moyens de me rebeller sans me blesser.
TETE : Je suis prêt à envisager de trouver de nouveaux moyens originaux de me rebeller sans tout remettre au lendemain dans ma vie.

Mesurez pour voir si votre niveau d’intensité est tombé, et continuez à tapoter sur les évènements spécifiques ou sur les souvenirs.

Continuez avec d’autres phrases qui vous encouragent à trouver de nouvelles manières de vous rebeller, de manière à ne pas menacer ce besoin à l’intérieur de vous. Souvenez-vous, si vous vous rebellez, vous satisfaites un besoin énergétique et émotionnel, même si vous pensez que c’est de la folie ou que c’est contre-productif.

SOURCILS : Je peux remettre à demain et me rebeller n’importe quand si je veux !
COTE DE L’OEIL : Je choisis d’être productif dès maintenant.
SOUS LES YEUX : Je peux retrouver mon comportement de rebelle n’importe quand si je le souhaite.
NEZ : J’ai le contrôle total sur mon comportement.
MENTON : Je me sens prêt à avancer sur ce projet.
CLAVICULE : Si je change d’avis, c’est ma décision.
SOUS LES BRAS : Je suis prêt à avancer et je me sens bien.
TETE : Je me sens soulagé d’avoir retrouvé mon pouvoir.

SOURCILS : De temps en temps, j’ai encore envie de remettre à demain.
COTE DES YEUX : Je récupère mon pouvoir.
SOUS LES YEUX : Je peux me rebeller dès que je veux.
NEZ : Je choisis plutôt de faire des progrès.
MENTON : Je me rebellerai de manière plus productive.
CLAVICULE : J’apprécie qui je suis et comment je suis arrivé jusqu’ ici.
SOUS LES BRAS : J’aime beaucoup ce que je fais et je veux avancer.
TETE : J’apprécie qui je suis et toutes les émotions que j’ai résolues.

Je recommande fortement de tapoter ces rondes très souvent, et de regarder votre productivité monter en flèche ! Identifiez d’autres évènements spécifiques qui ont activé votre sentiment d’impuissance et votre désir de vous rebeller, et libérez-les un par un.

Carol Look, EFT Master

Source: www.emofree.com

Traduit par Agnès Oriach www.eft-mag.com