J’ai appelé cet article Le Cadeau d’Elaine car non seulement elle avait fait un beau cadeau à ses maîtres, mais aussi à moi. Cette épisode est arrivée tout au début de ma carrière quand l’EFT était très peu connu en France et à ce moment là je commençais à me décourager car peu de gens ne comprenaient ou n’acceptaient cette technique. Cette expérience m’a redonné le courage de continuer et après, à chaque fois que je flanchais, je sentais Elaine qui me disait  » Allez Christine, ne te décourage pas! »

Je lui suis infiniment reconnaissante.


Le cadeau d’Elaine

Un jour, j’ai été prendre le thé chez une amie. Quand je suis arrivé chez elle, elle m’a dit qu’Elaine, leur chatte, était mourante et qu’elle était sûrement dans ses dernières heures. Son mari était resté travailler à la maison car Elaine avait eu une attaque le matin. Elle ne pouvait respirer car elle avait le cancer et ça avait envahi une bonne partie de son corps (j’ai vu les radiographies qui étaient très impressionnantes).

Ils avaient accouru chez le vétérinaire ce matin là pour l’euthanasier mais elle avait tellement fait d’histoires pour ne pas entrer dans la voiture que pour finir, elle était si éveillée au moment où le vétérinaire approuva l’euthanasie qu’ils n’eurent pas le coeur de l’endormir. Ils sont alors rentrés à la maison.

John et Susan étaient souriants mais je pouvais sentir leur tension et leur peine. Ils avaient peur d’avoir agi égoïstement et ils ne pouvaient dire si la souffrance de leur chatte était intolérable ou si c’était le bon moment pour l’endormir : ils étaient totalement confus.

J’ai automatiquement pensé à l’EFT mais j’ai hésité car j’avais déjà abordé le sujet avec eux auparavant et ça n’avait pas vraiment débouché mais je me suis dit  » Qu’est-ce qu’on s’en fiche, c’est une crise, essayons! »

Alors je leur ai dit  que j’avais lu que l’EFT fonctionnait aussi sur les animaux. J’ai ajouté que je n’aurais pas besoin de toucher Elaine, ni même de la voir. Susan m’a alors dit « Au point où on en est, pourquoi pas? »

Elaine n’avait pas été sur sa place préférée sur le canapédu petit salon depuis plus d’une semaine mais, comme elle avait tout le temps froid, elle s’installait désormais sur un coussin près du radiateur. Mais aujourd’hui elle restait cachée sous le lit derrières des cartons. Susan s’était accroupie sous le lit et l’appelait gentiment pour la réconforter mais la chatte semblait avoir besoin d’être seule. Susan dit que cela lui rappelait l’attitude des animaux qui savent qu’ils vont mourir.

Alors, nous sommes allés dans le petit salon en face de la chambre. Je me suis assise sur le canapé et j’ai demandé à Susan de m’aider à faire une liste de choses qu’Elaine pouvait ressentir (toutes les douleurs, les inconforts, les peurs, les tensions et colères). Je lui expliquai que j’allais me mettre à la place d’Elaine mais que j’allais effectuer les tapotements sur moi-même.

Susan mentionna qu’Elaine détestait avaler les médicaments que le vétérinaire avait prescrits. Pour ma part, j’ai suggéré des choses concernant John et Susan comme:  « Même si Maman » et « Papa » ont peur que je souffre, même s’ils ont du mal à me laisser partir, même s’ils sont très tristes que je sois mourante; etc. ».

Pendant que nous faisions cette liste, Frieda, leur autre chatte, arriva et commença à miauler et à se frotter sur nous pour avoir de l’attention. Elle n’était jamais venue vers moi lors de mes précédentes visites car elle aimait rester seule, mais aujourd’hui elle était extrêmement sociable!

Quand nous avions fini cette liste, j’ai commencé à me concentrer sur Elaine et j’ai vu plusieurs photos de chats sur le mur en face de moi. J’ai pensé que porter mon attention sur l’une d’entre elles pourrait être un bon moyen pour m’aider à me connecter en tapotant. J’ai demandé à Susan : « Est-ce une photo d’Elaine? ».

J’avais à peine fini ma phrase qu’Elaine entra dans la pièce et s’allongea à mes pieds, presque couchée dessus comme pour dire « OK, fais ce que tu as a faire, je suis prête »

Susan et moi étions toutes deux impressionnées car nous n’avions jamais vu un chat mourant agir de manière aussi étrange!

J’ai aussitôt commencé à tapoter sur moi-même ou à simplement toucher les points d’EFT. En tapotant, l’atmosphère de la pièce devint de plus en plus sereine. Susan s’assit par terre à côté d’Elaine, la touchant et la caressant doucement durant toute la procédure. Susan participait entièrement en souriant doucement. Toute la peine et la détresse qu’elle avait montrées auparavant avaient disparues.

Quand j’ai tapoté sur le fait qu’elle n’aimait pas les pilules j’ai eu l’impression que ma gorge et ma poitrine se sont soudainement resserrées. J’ai pu constater qu’en effet, elle détestait vraiment ces pilules!

Au début, Frieda, observait la scène allongée sur l’accoudoir à côté de moi ne me quittant pas des yeux.  Après s’être frottée sur moi et Susan en demandant des câlins et en miaulant, elle finit par se coucher sur mes genoux pendant que je continuais à tapoter pour Elaine.

Tout le long de la procédure, Elaine me regarda de temps en temps et dès que j’avais fini de tapoter, elle s’est levé et a essayé de monter sur le canapé à côté de moi, ce qu’elle ne pouvait faire car elle était trop faible. Donc Susan la prit et l’aida à monter. Elle se roula alors en boule et s’endormit paisiblement.

Nous l’avons laissé dormir et sommes allés à la cuisine pour prendre une tasse de thé. L’atmosphère était beaucoup plus sereine et même John, qui n’avait pas participé car il avait du travail à faire, était plus détendu. Nous discutions et avons même eu quelques éclats de rires!

Avant de partir nous avons été voir Elaine. Elle était toujours allongée tranquillement sur le fauteuil et sa respiration était beaucoup plus calme qu’avant (c’est John, le sceptique, qui l’avait fait remarquer!).

Le jour suivant, Elaine eu une nouvelle crise alors Susan et John décidèrent de l’amener de nouveau chez le vétérinaire, cette fois ils étaient vraiment décidé de la faire euthanasier. Mais ils n’eurent jamais à prendre cette décision car Elaine mourut paisiblement dans les bras de Susan, sur le chemin du vétérinaire.

Christine Blanchet

Traduction: Vanessa Roy-Peeters